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Pourquoi les musiques de films d'horreur font peur ?

L'équipe Ciné TCG

Qu'est-ce qui rend une musique angoissante ? Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il y a de véritables techniques pour déclencher des réactions incontrôlées. Entre fréquences sonores et instruments spéciaux, c'est toute une science qui s'y cache.

On l'oublie bien trop souvent mais de manière générale, notre cerveau a tendance à plus faire confiance aux oreilles qu'aux yeux. Face à une menace, le phénomène est exacerbé, notre ouïe fonctionne à 360 degrés et sans interruptions, contrairement à la vue, ce qui est plus fiable pour repérer les ennemis. Pire encore, les informations reçues filent directement vers l'amygdale, le centre cérébral de la peur et de la survie, empêchant toute analyse rationnelle. C'est ce qui vous fait sursauter lorsque vous faites tomber un objet par inadvertance.

Voilà pourquoi pour les film d'horreur, le son joue un rôle majeur dans les émotions transmises. Et si vous voulez le vérifier par vous-même, vous n'avez qu'à regarder Smile en mute, c'est tout de suite plus ridicule.

Les sons stridents comme déclencheur

Pour exploiter au maximum cette sensibilité auditive, les compositeurs de films d'horreur utilisent des fréquences qui nous font réagir au quart de tour. En 2015, le neuroscientifique Luc Arnal a étudié ce qui rend un cri impossible à ignorer. Lorsqu'un bébé pleure, par exemple, le son qu'il produit fluctue de manière importante. Il ne se contente pas de tenir une note aigue fixe. Il pousse tellement d'air que son cri saccade, entre 30 et 150 fois par seconde, c'est la « rugosité ». Ajoutez à ça le concept de « non-linéarité », qui implique la saturation des cordes vocales, rendant le son imprévisible et grésillant, et vous avez la première recette secrète pour faire des notes de violon particulièrement irritantes, dont l'exemple le plus frappant reste la musique de la douche dans Psychose.

La dissonance comme inconfort

Un autre « court-circuit » plus mécanique du corps joue en faveur des musiques d'horreur. A l'intérieur de l'oreille, la membrane basilaire est un ruban miniature où chaque millimètre réagit à une fréquence précise. Quand deux notes très proches sont jouées ensemble, elles tombent dans la même zone. Résultat : les cellules ciliées vibrent en s'entrechoquant, ce qui crée des frottement parasites et une sensation de grésillement interne. C'est le principe utilisé dans Les Dents de la mer, avec une succession de notes proches.

Des instruments spéciaux

Entre les boîtes à musique et les pianos pour enfants, impossible d'évoquer l'horreur moderne sans parler du waterphone, notamment utilisé dans certaines scènes de Matrix ou Alien. Imaginé à la fin des années 60 par l'artiste Richard Waters, cet instrument à friction ressemble à une soucoupe plate, entourée de tiges de métal de différentes tailles. Sa particularité vient du fait qu'une fois la soucoupe remplie d'eau, le son produit par les tiges frottées devient distordu, parfait pour le frisson.

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